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La dimension énergétique des huiles essentielles

Utilisation en médecine chinoise

Une huile essentielle possède une puissance énergétique totalement sous-estimée aujourd’hui dans le domaine thérapeutique. Une plante possède une puissance, une quintessence, un JING qui lui est prop

re. Ce JING de la plante est intégré au produit et sa substance vitale est conservée bien plus longtemps que la plante elle-même une fois celle-ci récoltée et stockée. Le JING présent dans la plante va être intégralement conservé dans l’huile essentielle et va pouvoir perdurer des mois voire même des années.

L’huile essentielle est donc VIVANTE contrairement à tous les produits chimiques utilisés en pharmacopée occidentale. Elle est bien plus vivante qu’une plante récoltée et surtout séchée.

L’huile essentielle conserve sa fonction de messager. Elle est à la base un protecteur pour la plante, une sorte de médicament pour elle et nous en avons des extraits toujours actifs dans nos petites bouteilles d’huiles essentielles. Ces extraits de l’énergie de la plante peuvent s’appliquer à notre corps.

Un produit de laboratoire n’a plus de vie, plus d’odeur naturelle, c’est un produit inerte, pour ainsi dire MORT alors que l’huile essentielle a toujours la quintessence nourricière et réparatrice de la plante. Ce sont des condensés d’énergie de la nature, des messagers chimiques naturels, des véhiculeurs d’informations pour la plante que nous allons utiliser pour nos propres déséquilibres.

Historique…

Les premières traces de plantes médicinales datent de 60 000 ans et les premières cultures de 30 000 ans avec des premiers écrits de phytothérapie environ 4000 ans avant JC. En ce qui concerne les huiles essentielles, nous retrouvons leurs distillations au PAKISTAN dès 3000 avant JC. Il faut aussi parler de l’énorme connaissance des EGYPTIENS dans ce domaine puisque l’on retrouve plus de 800 formules d’huiles essentielles sur le papyrus Ebers découvert en 1817.

De nombreux autres endroits sur la planète utilisaient la distillation de plantes pour en extraire le précieux liquide :

A ROME, le médecin de MARC AURELLE rédige des traités en parlant déjà des huiles essentielles

En INDE, pour les huiles de KHELLA, de PIN ou de FENOUIL

En CHINE, SHEN NONG parle déjà des huiles dans son grand herbier

Les AZTEQUES avec les huiles de BOIS DE HO ou de SASSAFRAS

En AFRIQUE avec les huiles de RAVINSTSARA, de MYRRHE et surtout les ENCENS

En France il aura fallu attendre le 15ème siècle pour voir une utilisation d’une dizaine d’huiles essentielles dont le Romarin, la Rose, la Sauge, le Gingembre, la Cannelle, le Cèdre… (au 16ème siècle plus de 60 huiles essentielles seront utilisées en France).

Le mot AROMATHERAPIE est crée par René GATTEFOSSE en 1937 et c’est surtout le Docteur Jean VALNET en 1960 qui publiera ses travaux sur les huiles essentielles en introduisant le concept de la prescription individuelle.

Fabrication et origines des huiles…

Avant d’aborder une ébauche de présentation du pouvoir énergétique des huiles et de leurs utilisations en médecine traditionnelle chinoise, il est nécessaire de parler de l’origine de chaque produit.

En premier lieu, il est important de connaitre précisément le lieu de culture car les composés chimiques seront différents même si nous retrouvons aujourd’hui le même nom sur la bouteille d’huile essentielle achetée.

Par exemple : le GERANIUM qui venait auparavant de l’île de la REUNION n’est plus distillée là-bas suite au cyclone de 1970 qui a détruit une grosse partie des plantations. Les prix se sont alors envolés et l’huile essentielle de GERANIUM provient désormais d’EGYPTE avec des composés chimiques très différents.

Un autre exemple avec la MENTHE qui est un produit très proche de chez nous et totalement exploitable en huile essentielle sur le territoire français. Sa provenance actuelle : les USA avec là encore des composés chimiques très différents.

En deuxième lieu, c’est la notion de TERROIR qui est toute aussi importante pour différencier les huiles essentielles. Le nom LATIN prend alors toute son importance.

Exemple : La LAVANDE (lavendula angustifoliae) ou LAVANDE VRAIE correspond à la fleur femelle et pourra nous être utile pour la SPHERE DE CŒUR EN MTC.

La lavandula latifoli ou LAVANDE ASPIC est la fleur mâle (celle avec des feuilles plus larges, un parfum plutôt camphré) qui sera plus utile sur la SPHERE DU POUMON EN MTC.

Ensuite lavandula hybridas ou LAVANDIN, qui correspond à un mélange des 2 premières plantes citées, sera utilisée SUR LES BI EN MTC pour son pouvoir décontracturant et circulatoire.

Après le lieu et le terroir il est nécessaire de s’assurer de la bonne récolte, à la bonne heure, à la bonne saison, au bon moment pour que l’huile essentielle donne le maximum de ses propriétés.

Exemple : l’YLANG doit impérativement être récoltée la matin alors que le JASMIN d’INDE sera récolté le soir.

Il faut aussi s’intéresser au déplacement des plantes car certains doivent absolument être traités sur le lieu de la récolte comme la ROSE dont on distille les pétales (je rappelle ici qu’il est nécessaire d’avoir 4000 kilos de pétales de ROSE, soit un hectare de rosiers pour extraire un seul petit kilo d’huile essentielle). Les baies de GENIEVRE peuvent, elles, être séchées et ensuite être transportées.

Nous en venons au mode d’extraction pour obtenir une huile essentielle de qualité. Aujourd’hui la grande majorité des huiles sont extraites par DISTILLATION A LA VAPEUR avec un alambic. Une autre technique fort utilisée est l’EXPRESSION (pressage) pour les agrumes comme la BERGAMOTTE, Le CITRON. Il existe aussi des extractions par solvants chimiques qui ne nous incitera évidemment pas à une utilisation thérapeutique énergétique. Dans les autres procédés nous citerons l’enfleurage de plus en plus abandonné, le procédé phytonique (appareil scellé avec des solvants écologiques) ou encore l’extraction SUPERCRITIQUE au dioxyde de carbone permettant d’obtenir des huiles de belle qualité.

La classification chinoise…

1°) Classification par les analyses chimiques des huiles

L’avancée spectaculaire des analyses chimiques en laboratoire est un axe que nous pourrions privilégier pour classifier correctement les huiles essentielles. La plupart des composants chimiques majeurs sont aujourd’hui analysés, dissociés et permettent une bonne classification. Cependant, de nombreux composants mineurs ne sont pas encore identifiés. Du coup, les propriétés thérapeutiques chimiques ne sont pas comprises scientifiquement. Or, ce sont ces composants mineurs qui font l’arôme, l’odeur, la nature, la saveur de l’huile et donc son orientation thérapeutique en énergétique chinoise. La chance que nous avons aujourd’hui est d’apporter avec les analyses chimiques une confirmation sans équivoque des théories avancées sur les pouvoirs thérapeutiques énergétiques des huiles étudiées sous l’angle de la MTC.

Malgré tout, le fait d’avoir une forte concentration de PHENOLS, de MONOTEPENES, de PHENYLPROPENES ou d’HYDROCARBURE nous incitera à classifier ces huiles en HYPER-YANG alors qu’une teneur importante en CETONES, en COUMARINES ou en LACTONES nous poussera plus à classifier l’huile en HYPER-YIN.

Exemples :

Les huiles de PIN ou de SAPIN, la THEREBENTHINE ou même le THYM ou les AGRUMES sont riches en MONOTERPENES et seront des huiles YANG qui seront TONIQUES.

Les huiles d’ANIS, de GIROFLE, d’ESTRAGON, d’ORIGAN sont riches en PHENOLS. Ce sont de véritables « BOMBES ENERGETIQUES » très YANG (peut-être même trop et cela nous incitera à les jumeler avec d’autres pour contrer leur coté hépatotoxique et irritant).

A contrario, les huiles d’ACHILLE, de CAMOMILLE ou d’HELICHRYSE riches en LACTONES seront YIN

Les huiles d’ANTEH, d’ANGELIQUE riches en COUMARINES seront aussi YIN.

2°) Classification par NATURE, SAVEUR, TROPISME

Là nous entrons au cœur de notre travail de classification en fonction des règles édictées dans les bases fondamentales de médecine traditionnelle chinoise. A la manière des anciens MAITRES TAOISTES et tout comme la classification de la DIETETIQUE ENERGETIQUE, nous pouvons mesurer l’impact énergétique de chacune des huiles en observant les réactions de notre corps, nos ressentis, nos sensations, nos émotions.

L’huile essentielle possède une saveur et une nature (voire même plusieurs) mais elle a aussi une ENERGIE qui lui est propre et qui lui permet de véhiculer son message chimique naturelle à tous les endroits de notre corps si tant est que nous sachions choisir la bonne huile pour la bonne action.

Les saveurs (WEI) véhiculées et les souffles (QI) de l’huile essentielle vont aider la plante à restaurer son corps, sa forme corporelle (XING) et son énergie vitale ancestrale (JING).

La médecine traditionnelle chinoise nous offre une classification des plantes et des aliments en fonctions de la NATURE et de la SAVEUR avec une explication précise des actions sur le corps. Ainsi par exemple nous savons qu’une saveur PIQUANTE va avoir une action :

  • Sur l’énergie : tonifier l’énergie du FOIE et harmoniser l’énergie des REINS en dispersant l’énergie du POUMON
  • Sur le Corps : en nourrissant les POUMONS (ou en les blessant si l’utilisation est excessive)
  • Sur le Corps aussi : en blessant le JING, le foie (muscles, ongles), le CŒUR (vaisseaux, ESPRIT/SHEN)

Exemple : une huile essentielle d’ANGELIQUE est PIQUANTE ET TIEDE

Elle va fortement tonifier le QI DE L’ORGANE RATE/PANCREAS ainsi que l’énergie du POUMON

C’est une grande huile essentielle de la femme pour son grand pouvoir sur la normalisation des menstruations. Son action sur l’énergie de la RATE permet une production de QI qui sera intégralement rediffusée par le POUMON puisque son action sur le POUMON est aussi avérée.

Si nous revenons à notre étude plus scientifique, nous constatons que cette huile est très riche en MONOTERPENES (ou hydrocarbures mono terpéniques). Or les huiles ayant cette forte proportion en MONOTERPENE sont YANG mais surtout décongestionnantes des voies respiratoires, anti-douleurs, fortement stimulantes et activatrices du système circulatoire. On voit donc ici que la classification énergétique chinoise rejoint parfaitement l’analyse chimique de laboratoire pour venir prouver l’action spectaculaire de cette huile sur l’énergie en générale, sur le POUMON, sur les douleurs (des menstruations par exemple) et la circulation.

Nous pourrions aussi faire une comparaison avec l’utilisation de la plante elle-même en PHARMACOPEE CHINOISE ou l’ANGELIQUE est DANG GUI (radix angelica sinensis) dont on utilise les racines séchées : elle TONIFIE LE SANG, REGULARISE LES MENSTRUATIONS et CALME LES DOULEURS.

L’idée de cet exemple est de montrer que nous pourrions étudier chaque huile et la mettre ensuite en comparaison avec les actions de ses composés chimiques connus scientifiquement ou encore la comparer à l’utilisation de la plante en phytothérapie ou en pharmacopée chinoise. Nous ne tomberons pas forcément toujours sur une description similaire car il faut bien différencier une plante et une huile essentielle. Parfois l’huile et la plante se retrouvent sur certains tropismes mais souvent la force thérapeutique n’est pas la même. La distillation nous permet d’obtenir une substance parfois fort différente de la plante elle-même et son pouvoir, sans être plus ou moins performant, n’est pas orienté vers les mêmes organes, les mêmes méridiens, les mêmes tropismes. La saveur et la nature sont parfois complètement différentes.

La classification en médecine chinoise n’est donc pas si simple mais ce travail a été réalisé depuis de nombreuses années et l’amélioration progressive nous permet aujourd’hui de délivrer des tableaux clairs et fiables sur une centaine d’huiles essentielles.

 

3°) Une autre constatation énergétique permet d’affiner encore la classification

Une autre technique permet d’observer l’évolution de l’énergie d’un patient lorsqu’une huile essentielle est posée sur un point précis d’acupuncture. Pour constater l’évolution ou le changement énergétique, il suffit de prendre le pouls avant la pose de l’huile essentielle et de reprendre le pouls une minute après. Selon l’endroit ancestrale de la prise de pouls (au pied pour les reins par exemple) nous pouvons déterminer si l’huile utilisée apporte une réponse de l’organe et si celui augmente ou non en énergie.

Cette technique est celle qui sera fortement utilisée en pratique pour déterminer précisément l’huile qui correspond à la personne car nous n’aurons pas la même plante pour la même maladie sur tous les patients. Chaque personne est unique et son comportement face à la plante et sa réaction sera toujours différentes. Cela procure à notre travail un intérêt énorme et nous oblige constamment à être à l’écoute des réactions du patients et de ses réponses. Ces techniques sont passionnantes et apportent sans cesse de nouvelles révélations sur certaines huiles dont nous n’aurions pas eu idée en premier choix. Il est toujours gratifiant de découvrir la plante qui colle le plus au patient et d’en voir ensuite les effets sur ses différentes problématiques.

Conclusion

Depuis quelques années, nous avons pu, à force de travail et de concertation entre différents spécialistes, classifier un grand nombre d’huiles essentielles en terme énergétique (même s’il en apparait de nouvelle chaque année).

Aujourd’hui nous pouvons donner une orientation précise dans l’utilisation d’une huile essentielle en fonction d’un bilan énergétique en médecine traditionnelle chinoise.

Il suffit d’apprendre la Matéria Médica de toutes les huiles essentielles classifiées et de savoir comment les utiliser sur son propre corps ou celui des patients en les apposant précisément sur des points d’acupuncture stratégiques.

Jean-Marc TRIBOULET
jm@shentao.fr

 

 Version PDF – Article_La dimensions énérgétique des HE_201804

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